La dure réalité du nord

Ma visite à Sa Pa a été courte. Le petit village était inondé de touristes qui étaient arrivés de Hanoi par le train de nuit. Après avoir roulé deux jours dans les montagnes, les hôtels de béton, les restaurants italiens et les pub irlandais de Sa Pa rendaient l’endroit insipide. C’était comme arriver à Mont-Tremblant en revenant du grand nord québécois. Tout avait l’air mis en scène.

Avant de reprendre la route, Trung et moi sommes allés faire un tour au marché de Sa Pa. De chaque côté de l’allée, on apercevait des étalages de fruits, de légumes et d’artisanat de toute sorte. Autrefois, m’expliqua mon compagnon, on trouvait dans ce marché de l’artisanat H’mong véritable. Aujourd’hui, me dit-il, la majorité de ce qu’on y trouve a été manufacturé en Chine. Continue reading

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Ce soir-là, à Sa Pa

Ce soir-là, Trung et moi avons dormi dans des hôtels séparés.

Trung nous avait une fois de plus conduits à un hôtel qui n’était pas chauffé. Et j’avais une fois de plus accepté d’y rester.

Une fois dans ma chambre, mon corps s’est effondré de fatigue. Il devait faire environ 10 degrés à l’intérieur. Prenant mon courage à deux mains, j’ai enlevé mon manteau et je me suis allongée. Sous les couvertures, mon corps tremblait de froid et mes dents claquaient.

Je suis alors rentrée dans la salle de bain et j’ai parti la douche. J’étais sauvée : l’eau qui sortait de la pomme était chaude. J’y suis entrée, me tenant debout, immobile sous le jet d’eau bouillante. Mais après cinq minutes, l’eau chaude s’est épuisée. Non seulement j’étais toujours frigorifiée, mais maintenant j’étais toute mouillée.

C’en était assez. Je n’allais pas dormir dans ces conditions une nuit de plus. Continue reading

La route vers Sa Pa

La nuit avait réussi à dissiper mes inquiétudes. Au réveil, je me sentais prête à relever le défi des 250 km de route vers Sa Pa. Le village constitue l’un des endroits les plus visités au Vietnam, notamment à cause de sa proximité au mont Fansipan où beaucoup de touristes vont faire de la randonnée. On peut aussi y voir de près des H’mong (« Mong »), peuple autochtone du nord du Vietnam.

Et ce froid n’allait pas m’arrêter. À l’exception de mon maillot de bain, j’ai décidé de mettre tous les vêtements que j’avais apportés. J’avais donc deux combines sous mes jeans, deux paires de bas en laine de mérino, six chandails, mon manteau de moto et mon manteau d’hiver. Une fois vêtue, je pouvais difficilement plier les bras, encore moins me pencher. Mais au moins, j’étais au chaud.

Après un copieux déjeuner constitué d’une soupe ramen au bœuf et au chou, un déjeuner typique dans la région, nous nous sommes préparés à prendre la route. Trung s’empresse de prendre mon sac pour l’attacher à ma moto. Je l’en empêche. « Je veux apprendre », lui dis-je. « Montre-moi. » Continue reading

Arrivée à Nghia Lo

Pendant la dernière heure de route, nous sommes rentrés dans la chaîne de montagnes Hoan Lien Son. Le nord du Vietnam est très montagneux, et c’est ce qui en fait sa beauté. Nous roulons rondement de village en village pour arriver avant la nuit.

Déjà, on pouvait sentir le froid qui règne dans les montagnes. Même avec mon manteau d’hiver, je sentais cette humidité glaciale me transpercer la peau. Il faisait environ quinze degrés, ce qui, avec le facteur vent, se ressentait dix degrés plus froid sur la moto.

La dernière heure de route a été plutôt pénible. Sur mon guidon, mes doigts étaient gelés. Le long de la route étaient placées des bornes indiquant le kilométrage jusqu’à la prochaine ville. Dans ma tête, je faisais le décompte.

40 km. 30 km. Je plis mes doigts pour les réchauffer. 20 km. Je roule mes orteils dans mes chaussures. 10 km. Je monte mon foulard pour empêcher l’air de rentrer dans mon casque. Continue reading