Marché conclu

À 9h le lendemain matin, je me dirige vers le local de Offroad Vietnam, situé à quelques rues de mon hôtel. Pour trouver l’adresse, il faut s’engager dans une ruelle étroite. La boutique est minuscule, avec six pieds de façade et à peine autant de profondeur. Malgré son étroitesse, le local est occupé par quatre motocyclettes et deux mécaniciens.

Anh Vu (« Ang Vou » ou « Andrew » pour les touristes) m’accueille avec grande gentillesse – il a l’habitude des étrangers. Je lui indique mon intérêt pour la Honda. En moins de deux, je me retrouve sur le banc arrière de sa moto, en route vers le garage où elle est entreposée. Nous nous engouffrons dans la circulation chaotique. Après quelques minutes, il me dit :

– Le trafic à Hanoi est comme un fleuve, il faut couler avec lui.

Alors en plein coeur de cette frénésie, je comprenais tout à fait ce qu’il voulait dire.

Les règles de conduite au Vietnam se résument à plus ou moins deux choses. Les véhicules lourds ont priorité, faute d’avoir de la courtoisie. Pour le reste, il s’agit d’une course à obstacles où chacun est responsable d’éviter ce qui entrave son chemin. La signalisation – incluant les feux – est facultative. Même le sens de la circulation ne préoccupe pas les Hanoïens; il n’est pas rare de rencontrer du trafic en sens inverse.

Arrivés au garage, Anh Vu me montre la Honda. Elle est parfaite. Un peu usée mais en très bon état. Un cruiser comme je l’avais imaginée. Anh Vu me fait alors la revue de ses spécifications. Je n’écoutais que d’une oreille – je savais déjà que c’était la moto qu’il me fallait.

Après avoir fait quelques essais sur le bolide, je conclus la vente.

Je lui demande alors de l’information sur ses tours organisés. Je me sentirais en effet plus à l’aise de commencer mon périple avec un guide expérimenté. Il me répond à la négative:

– Le prochain tour guidé partira en janvier.

– Aurais-tu un guide qui pourrait m’accompagner quelques jours?

– Oui. Reviens à 15h, tu pourras le rencontrer.

Excellent. J’ai entretemps quelques heures pour apprivoiser ma moto. J’enfile mon casque et je démarre ma Honda. Le moteur ronronne.

“Clac.” Je ferme ma visière. J’inspire profondément et j’embraie la première vitesse.

En moins de deux, je quitte la ruelle. Dans la rue, je valse avec les autres véhicules, contournant rebuts, piétons, vendeurs de rue et bicyclettes. C’est beaucoup plus facile que je le croyais. En fait, c’est plutôt amusant.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s