Deux jours de route vers le centre

En quittant Ninh Binh ce matin-là, je quittais le nord du Vietnam. Des trois grandes régions du Vietnam – le nord, le centre et le sud – c’est cette première qui a le plus à offrir. J’avais un pincement au cœur de partir. Il y avait plusieurs endroits que je n’avais pas visités, notamment les villages ethniques du nord-ouest, les routes pittoresques qui longent la frontière chinoises, et les chutes de Cao Bang. Mais je n’avais pas le temps de tout voir. J’avais encore beaucoup de route à faire pour me rendre dans le sud.

Pour me consoler, je me dis : « Je reviendrai bientôt. »

Mais la prochaine fois, j’apporterais des vêtements chauds. Et pour faire les routes les plus nordiques du pays – qui sont aussi les plus belles – une moto tout terrain serait de mise.

Satisfaite de cette décision, j’ai pris la route vers le sud. Il me faudrait deux jours pour me rendre à ma prochaine destination : le parc national de Phong Nha (« Fong Gna »). Cette région abrite de nombreux systèmes de grottes qu’on dit spectaculaires. Ainsi, après mes 530 kilomètres de route, la visite de celles-ci serait ma récompense.

C’est d’ailleurs dans cette région qu’a été découverte la plus grande grotte au monde : Son Doong. Elle est si grande qu’on peut y faire entrer l’île de Manhattan en entier, incluant les gratte-ciels. La grotte n’est ouverte aux touristes que depuis 2011. Mais la liste d’attente est très longue, le gouvernement vietnamien ayant limité à 300 le nombre de visiteurs par année. Sans compter que la visite de six jours coûte plusieurs milliers de dollars. Ainsi, rares sont ceux qui ont la chance d’y pénétrer.

De plus, l’excursion – qui se passe entièrement sous terre – est exigeante. Elle implique de marcher de longues heures, d’escalader des parois, de faire des descentes en corde lisse, et de nager dans des rivières souterraines.

J’étais fascinée à l’idée de visiter l’extravagante grotte Son Doong. Mais dans les circonstances, je devrais me contenter d’une visite plus modeste.

Le choix de ma route vers le centre avait fait l’objet d’intenses tergiversations. J’avais deux options. La première était de prendre l’autoroute 1 qui longe la côte. C’est la route la plus directe mais aussi celle où circule le trafic commercial du Vietnam. C’est donc dire qu’on y trouve beaucoup de camions, qui constituent l’élément le plus dangereux sur la route.

Mon autre choix était de prendre la nouvelle route construite par le gouvernement vietnamien, le sentier Ho Chi Minh, qui se trouve à l’intérieur des terres. Cette route est reconnue pour ses paysages pittoresques et est beaucoup moins achalandée. Elle constituait néanmoins un détour d’une centaine de kilomètres. De plus, Trung m’avait prévenu que cette route, construite en milieu rural, était peu habitée. C’est donc dire que si quelque chose arrivait à ma moto, je pourrais devoir la pousser sur plusieurs kilomètres avant de rencontrer un village.

Ayant toujours une certaine crainte des pannes, j’avais quelques hésitations à prendre le sentier Ho Chi Minh. Il me fallait soupeser les risques : celui de négocier la voie avec des poids lourds, ou celui de pousser ma moto sur 20 kilomètres.

Considérant que la seconde option ne comportait aucun risque à ma sécurité, c’est celle que j’ai choisie.

Le sentier Ho Chi Minh ne m'a pas déçue. La route était magnifique.

Le sentier Ho Chi Minh ne m’a pas déçue. La route était magnifique.

Scène de la vie rurale.

Scène de la vie rurale.

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