À la sortie de la jungle

Le troisième et dernier jour de notre visite des grottes, nous avons marché vers la sortie de la jungle. Il nous a fallu une demi-journée pour rejoindre la civilisation. Après avoir gravi deux montagnes et traversé des rivières, nous avons finalement abouti sur une vaste plaine cultivée de plants d’arachides. Au loin, on pouvait voir quelques chapeaux coniques, des buffles, et un tout petit point gris : notre autobus.

Enchantés de notre aventure, mes compères et moi avions envie de célébrer nos accomplissements. Dans l’autobus qui nous ramenait vers le village, un air de fête planait.

À la nuit tombante, nous avons pris d’assaut l’un des bars du village. Mes trois amis britanniques avaient dû souffrir de déshydratation pendant le voyage, à en juger par la vitesse à laquelle ils vidaient leur verre. J’avais du mal à garder la cadence. 

J’étais revenue de mon expédition totalement éblouie des beautés que j’avais vues. Et je voulais en découvrir davantage. Pendant toute la soirée au bar, une seule pensée m’obsédait : je voulais faire la visite de Son Doong. Mais il était impossible d’avoir une place cette année; les demandes étaient présentement déférées à l’été 2015.

Un peu plus tard dans la soirée, notre guide Bamboo est venu se joindre à la fête. Il était accompagné de son co-locataire, Luke Ford.

Luke est d’origine australienne et mais habite présentement au Vietnam. Il fait le développement des affaires chez Oxalis. Notamment, il se charge des réservations pour Son Doong.

Il s’assoit à côté de moi. « C’est ma chance, » me dis-je.

Je sors alors tout mon arsenal de charme : ma voix douce, mon regard soutenu et mes questions intéressées. Après quelques minutes de campagne de séduction, je commence mon investigation :

Luke, comment puis-je me mettre sur la liste d’attente de Son Doong? À qui dois-je parler?

– Tu veux faire Son Doong?

– Oui, lui dis-je en le regardant droit dans les yeux.

Après une pause, il me répond :

Je viens de recevoir quelques annulations pour cet été. Si tu veux, j’ai une place pour toi en juillet.

Définitivement, c’était mon jour de chance.

– Je la prends!, lui dis-je sans hésiter.

Je n’arrivais pas à croire la chance que j’avais. La majorité des gens attendent plus d’un an pour faire cette visite. J’y serai dans moins de 6 mois.

De plus, je me réjouissais de savoir que je serais bientôt de retour au Vietnam.

La soirée s’est terminée tard dans la nuit. Comme nous restions tous au même hôtel, nous avons marché le chemin du retour ensemble. Avant de se quitter, il y a eu échange de courriels, ajouts Facebook et promesses de rester en contact.

Puis, dans le silence de l’hôtel, le son de trois serrures s’est fait entendre.

Dès le lendemain matin, mes amis et moi prenions la route vers de nouvelles destinations. Malgré la courte fréquentation, le fait d’avoir partagé une expérience aussi intense nous avait soudés. La séparation nous faisait à tous une égratignure.

Pour ma part, je prenais la route pour Hué, cette ancienne ville impériale qui sépare le nord du sud du Vietnam.

Mon arrivée à Hué marquerait une importante étape : j’aurais alors complété la première moitié de mon périple.

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One thought on “À la sortie de la jungle

  1. De toute évidence, le charme est une arme redoutable chez la femme;)
    Son Doong Cave est de toute beauté.
    Hoi An, le fleuve du Parfum (song Huong) et le temple du roi Lê à Huê serait un must à visiter sans oublier du bon manger au citronnelle. C’est ma ville préférée du VN.

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